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Les moulins d’Annoeullin

Petite bourgade arrosée par la Deûle et située en bordure d’un vaste marais, la vie à Annœullin demeura longtemps centrée sur la grande ferme (la Cense) de l’Abbaye de St Vaast (Arras) adossée à l’église St Martin.

Alors que la Deûle faisait tourner les roues à aubes des moulins de Don au Moyen âge, les moulins à vent tenaient une place importante dans notre village.
Le plus souvent bâtis sur une motte de terre artificielle, ils dominaient le territoire avec le clocher de l’église.
A la fin du 16ème siècle, début du 17ème, cinq moulins à vent existaient sur la localité.

Le moulin à moudre le blé (« mollin à mouldre bled ») :

L’Abbaye de St Vaast possédait autrefois le long de la route de Provin, un moulin à vent figurant sur les plans les plus anciens de la localité. Il s’agissait d’un moulin pour moudre le blé qui s’élevait à 170-180 m du Calvaire, en entrant dans Annœullin. Initialement construit en bois, il fut détruit par un ouragan le lundi de Pâques 1606.
Reconstruit en briques, il cessa ses activités dans les années 1790 mais resta debout jusqu’en 1881. Il donna son nom à l’actuelle rue de Touraine. [1]

Le moulin à huile (« mollin à tordre huisle ») :

Ce moulin écrasait les graines de colza, dont l’huile servait à l’éclairage et à la fabrication du savon, ainsi que les graines de la navette, autre plante oléagineuse cultivée alors.
Le moulin à huile d’Annœullin se trouvait le long du chemin rural menant à travers champs de Carnin à Provin (chemin de St Vaast), à environ 80 m de la route de Carnin. Il était encore utilisé pour faire de l’huile à la fin du 19ème siècle.

Les moulins à wedde :

La wedde, plante tinctoriale bleue, aujourd’hui totalement abandonnée, joua un rôle important aux 16ème et 17ème siècles. On l’exploitait alors pour ses feuilles qui, une fois séchées et réduites en pâte fine par les moulins, fournissaient une couleur bleue fort appréciée.
Annœullin posséda jusqu’à trois moulins à wedde :

• Un se trouvait le long du chemin Desnoullet à environ 140 m du carrefour avec la rue Jean Carpentier.
• Un autre se situait le long d’un sentier disparu, la piedsente de la Haute Voie, approximativement à l’emplacement de l’école Baudelaire aujourd’hui.
• Enfin, le troisième était sur la route de Carnin, à gauche de celle-ci en sortant d’Annœullin, à peu près en face de l’actuelle rue Colucci.
Les emplacements de ces moulins ont été portés sur le plan d’Annœullin ci-dessous.

Sources : Extraits du livre d’André Coupey « Annœullin au temps passé » - Archives départementales et cadastres de 1811 & 1857


Publié le 05-02-2012, révisé le 19-12-2013

[1Bien qu’il n’y ait pas de filiation directe avec ce vieux moulin, on ne peut omettre de mentionner que la tradition meunière existera à Annœullin jusqu’en 1914, avec l’entreprise de Monsieur Oscar Coupey, « Les moulins de St Vaast », rue Nationale (actuellement La Pommeraie). Les installations furent totalement détruites pendant la 1ère guerre mondiale.

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